Témoignage du Cenacolo au lycée

CENACOLO

Ils étaient quatre, espagnol, suisse allemand, français à avoir quitté leur communauté d'Ars ou d'Hazebrouck, pour venir à la rencontre des lycéens...

Ils étaient quatre, espagnol, suisse allemand, français à avoir quitté leur communauté d'Ars ou d'Hazebrouck, pour venir à la rencontre des lycéens. Ils sont venus donner leur témoignage de vie quelque peu chaotique jusqu'à la leur décision d'entrer au Cenacolo, communauté créée par Mère Elvira.

C'est en effet dans les années 80 que Sr Elvira, croisant des toxicomanes dans les rues de Turin, le regard éteint a l'intuition de monter des maisons pour les aider. Sa vocation sera éprouvée pendant 10 ans avant que ses supérieurs lui donnent les clefs d'une petite maison squattée. C'est ainsi que naîtra la première communauté. Maintenant, ce sont 65 fraternités à travers le monde qui existent.

Ces maisons accueillent des jeunes et moins jeunes qui sont sous l'emprise de la drogue ou toute autre addiction. Ces personnes viennent d'abord chercher la vie, veulent sortir du cauchemar qu'elles subissent, ensuite, elles viennent pour se désintoxiquer. L'addiction n'est que la partie visible d'un mal plus profond qu'il faut identifier, soigner et pardonner. Les personnes restent en général 3 ans, se reconstruisent et retournent ensuite dans « le monde ». Les maisons ne sont gérées que par des anciens toxicos, et c'est ce qui fait en partie leur succès.

Après une brève présentation de Mère Elvira et du quotidien de vie en communauté et du travail de chacun : se lever tôt, ne jamais être seul, temps de prière et de fraternité, et retour aux choses simples pour les découvrir et redonner la juste valeur aux petites choses :  lavage du linge à la main, ménage, cultiver la terre, s'occuper des animaux, les intervenants ont donné leur témoignage de vie en français ou en italien, langue commune à tous les membres du Cenacolo.

Ils ont raconté en toute vérité et toute simplicité leur histoire, exercice parfois encore douloureux, mais aussi nécessaire à leur guérison. Tout y est passé, les blessures d'enfance qui les ont conduits vers la drogue souvent, leur bataille pour en sortir, leur passage de cure de désintoxication aux hôpitaux psychiatriques, qui leur ont souvent permis de découvrir ce qu'il y avait de plus mauvais en eux, avant de replonger. Il leur a fallu souvent toucher le fond, ne plus croire en la vie et croiser sur leur chemin une personne qui va leur parler du Cenacolo.

Alors quel est le secret de ces communautés, qui, si les personnes restent 3 ans, affichent 100 % de guérison ?

Quand on frappe à la porte du Cenacolo, on est accueilli pendant 3 jours, 3 jours où les personnes découvrent en immersion les exigences de  la communauté, une vie non mixte, loin de la ville, sans téléphone, non connectée, sans médicaments, habitée par l'amitié et la prière. Si la formule convient, la personne est accueillie dans une des maisons et est coupée de sa famille pendant 6 mois, pour se reconstruire. Pas de médicament de substitution, pas de contact avec l'extérieur, et le premier mois, un frère « ange gardien » qui veille sur elle, nuit et jour et qui la suit partout. Présence qui peut-être ressentie comme pesante mais qui conduit souvent à l'amitié. L'ange gardien, avec beaucoup de patience, accompagne, termine son travail inachevé, lui fait son lit, et surtout écoute et rassure, passage obligé pour découvrir le don sans retour. Un travail est aussi confié à chacun, travail qui structure et permet de comprendre qu'on compte pour les autres. Et la prière, qui permet de découvrir ce qui est beau en soi, de se pardonner et de pardonner à ceux qui sont responsables de ses blessures, de ce vide. On apprend ainsi à s'aimer, avant de vouloir aimer l'autre.

Des relations authentiques se créent, l'amitié vraie a un visage et n'est plus celui de ceux qui les ont abandonnés un jour d'overdose ...

Malgré les blessures, malgré les manques et les difficultés, la joie renait. Mère Elvira dit que la première chose à faire le matin, c'est de sourire !

Grand et beau silence chez les jeunes, des rires, parce que les intervenants ont beaucoup d'humour avec eux-mêmes, des applaudissements, quelques questions : « Faut-il être croyant pour entrer au Cenacolo ? » «  Est ce que vous quittez la communauté quand vous voulez ? » « Pourquoi parlez-vous tous italien ? »

Merci à eux d'être sortis de leur communauté pour venir rencontrer les jeunes. Ces témoignages cheminent dans leurs cœurs.

CENACOLO